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de Bourgogne

Aline Robert-Hazotte, 1er Prix de la recherche Pernod Ricard

Aline Robert-Hazotte Aline Robert-Hazotte | Crédit photo : Pernod Ricard

Le 31 mai 2016, Aline Robert-Hazotte, jeune chercheuse de l'uB, recevait le 1er Prix de la recherche Pernod Ricard. Cette distinction ayant été médiatisée, nous avons souhaité en savoir plus sur ses travaux, comprendre pourquoi ils pouvaient intéresser un industriel, et découvrir ce que ce prix de 10 000 € apportait à la lauréate. Rencontre avec une chercheuse qui a du flair. 

Sur la piste des enzymes du nez

Le rôle des enzymes, des protéines capables de transformer d'autres molécules, est bien connu dans le foie : celles-ci permettent notamment de modifier et d'éliminer des composés extérieurs à l'organisme et parfois toxiques. Alors que les molécules odorantes détectées par le nez sont également des molécules étrangères, « l'action de ces enzymes dans la perception des odeurs était jusqu'à très récemment mal connue » indique Aline. Son équipe, intégrée au Centre du Goût et de l'Alimentation a donc décidé d'explorer la terra incognita des enzymes nasales.

Les études menées chez le rat ont montré qu'il existe, dans la muqueuse nasale, des classes d'enzymes semblables à celles du foie, parfois en quantité similaire. Il y a donc une activité enzymatique importante dans le nez ! Aline a en outre découvert que les molécules odorantes sont transformées par ces enzymes en d'autres molécules odorantes, et que ces dernières peuvent aussi participer à la perception finale de l'odeur par le cerveau.

Ce ne serait donc peut-être pas la molécule présente dans un met ou une boisson que l'on « sentirait », mais son produit de transformation ! De plus, cette « détoxication » empêche le système olfactif d'être saturé : le nez est ainsi « nettoyé » entre deux odeurs.

"Cela finance nos expériences pendant un an !"

Cette compréhension peut bigrement intéresser un alcoolier, d'autant plus qu'Aline vient de débuter ses recherches chez l'Homme. Comment synthétiser ou exalter une odeur agréable dans un produit ? Masquer la mauvaise odeur ? Des applications se dessinent et, pour la première fois, un industriel s'intéresse à ces recherches très fondamentales. Aline a ainsi reçu le 1er Prix de la recherche Pernod Ricard des mains de Conor McQuaid, Directeur Global Business Development.

« Cela va nous aider à mieux décrypter la dégustation » déclare Aline. Elle qui n'avait pas imaginé remporter la mise jubile : « 10 000 € permettent de financer nos expériences pendant un an ! Le Prix nous permet ainsi d'envisager l'avenir proche beaucoup plus sereinement » et est un bel exemple de partenariat sur un axe de recherche innovant...

 

Site du centre des sciences du goût et de l'alimentation