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de Bourgogne

« Atmosphère, atmosphère…Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère »…d’exoplanète ?

Montage de Maud Louviot intégrant une vue artistique d'exoplanète (par Ricardo Cardoso Reis), un spectre et une molécule de méthane Montage de Maud Louviot intégrant une vue artistique d'exoplanète (par Ricardo Cardoso Reis), un spectre et une molécule de méthane

Le laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne (ICB) va tenter de mieux définir, au sein d'un consortium international, l'atmosphère d'une planète située en dehors du système solaire (ou exoplanète) répondant au doux nom de HD189733b... L'équipe tente ainsi de repousser les limites de la connaissance en astronomie.

Des exoplanètes sous le feu des projecteurs

Mieux connaître la composition des planètes est devenu possible grâce à des télescopes de plus en plus puissants, des sondes spatiales et des modélisations en laboratoire. Il est même possible d'explorer au-delà du système solaire ! Début 2017, le journal Nature annonçait ainsi la découverte de 7 nouvelles exoplanètes. Ces missions « extra » terrestres sont « rendues possibles par de collaborations entre des équipes de recherches internationales pointues : astronomes, astrophysiciens, astrobiologistes mais aussi physiciens et chimistes, qui tentent de modéliser « à distance » la composition de l'atmosphère des planètes, siège de réactions chimiques complexes » indique Vincent Boudon, Directeur de recherche CNRS au laboratoire Interdisciplinaire Carnot de Bourgogne (ICB).

L'ICB impliqué dans un tout nouveau projet international : e-PYTHEAS

Dans le cadre du tout nouveau projet e-PYTHEAS (soutenu par l'ANR, au sein d'un consortium international, et grâce à des méthodes de modélisation chimique (mises au point pour étudier Titan), l'ICB va tenter pour la première fois de caractériser l'atmosphère riche en hydrogène, vapeur d'eau et méthane de l'exoplanète HD189733b... située à 63 années-lumière de la Terre ! « Quand on sait que la lumière met 63 années à parcourir la distance qui sépare ces deux planètes, et que la température de HD189733b est de 1226 °C » indique Vincent Boudon on imagine bien que ce n'est pas tâche aisée ! L'équipe va ainsi mettre son expertise d'analyses et de comparaisons de spectres (du méthane notamment) au service de l'aventure.

Jusqu'où va la complexité de la chimie des exoplanètes ? Où peut-on repousser les limites de leur connaissance ? Mieux, existe-t-il des possibilités de vie sur certaines planètes ? Si c'est très improbable sur HD189733b (car il y fait trop chaud), d'autres exoplanètes auront peut-être, un jour, des secrets à révéler. Alors, un petit pas pour le chercheur, un grand pas pour l'imaginaire ?

Juliette BREY-XAMBEU