université
de Bourgogne

Projet FRIPON : Météorites sous vidéosurveillance.

Et si les météorites retrouvées grâce au programme FRIPON permettaient de mieux comprendre la naissance de l’univers ?

108 caméras, 20 stations radars : en plus d’être FRIPON, le projet est ambitieux. Rencontre avec Vincent Boudon, directeur de recherche CNRS en physique moléculaire à l’université de Bourgogne et correspondant régional du projet.

Actu-FRIPON-2014Qu’est-ce que le programme FRIPON ?

Le programme FRIPON (Fireball Recovery Interplanetary Observation Network) est officiellement lancé depuis le 1er janvier 2014, date de l’accord de financement de l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR). Il est destiné à la détection des météorites dans le ciel.
D’où vient le bolide ? De quelle région du système solaire ? Où va t’il ? Tombera t’il au sol ou non ? Peut-on le récupérer ? Le projet tentera de répondre à ces questions.
En déterminant trajectoires et points de chutes, les scientifiques espèrent récupérer les météorites échouées sur Terre pour les analyser. L’objectif : mieux comprendre notre Univers.

On a constaté qu’ XIXe siècle, on trouvait plus de météorites. Non parce qu’il en tombait plus, mais parce que les individus observaient le ciel de manière plus récurrente. Aujourd’hui, les chutes n’ont plus de témoins. Ce projet vise à remobiliser le public grâce à des formations et des actions de sensibilisation dans les écoles. Des « retrouveurs de météorites » pourraient ainsi être mobilisés lorsque l’on détecte un bolide (projet en cours d’élaboration).


Quels sont les moyens mis en oeuvre pour réaliser ce programme ?

Ce projet prévoit l’installation d’un réseau de 108 caméras automatiques et une vingtaine de stations radars dans toute la France.
Cette installation est prévue pour l’été 2014 pour une mise en fonction fin 2014. En Bourgogne, nous aurons 7 caméras « All sky » dont 2 sur le campus de l’université de Bourgogne. L’une sera placée sur le toit du bâtiment Gabriel et l’autre sur le toit de l’IUT de Chalon-sur-Saône.
Leur situation géographique est idéale : horizon dégagé et connexion internet proche.

Ces caméras « all sky » ressemblent aux caméras dômes des supermarchés mais orientées vers le ciel. Leur angle est à 360°C. Quand un bolide entrera dans l’atmosphère, une caméra détectera la trainée lumineuse. Comme les caméras communiquent entre elles, les données envoyées au serveur calculeront la trajectoire de la météorite en 3D jusqu’à son impact sur le sol.
Les stations radars quant à elles, permettent un calcul de la vitesse du bolide.
Si nous ramassons 1 ou 2 météorites au sol par an, le projet sera déjà fructueux.

Quel est votre rôle en tant que correspondant régional ?

Les correspondants régionaux ont eu pour mission de trouver les différents sites adaptés à la pose des caméras et stations radar. Il s’agit d’assurer la bonne installation et de remonter les problèmes de maintenance au service central.

La Bourgogne est l’une des régions qui compte le plus de caméras car son terrain est accidenté et très diversifié.
Je suis chercheur à l’uB et Vice-Président de la Société astronomique de Bourgogne. Ces deux casquettes me permettent d’envisager la mise en place de programmes de sensibilisation envers les différents publics : intervention dans les écoles, formation en astronomie et reconnaissance des météorites pour les adultes.

Météoroïde, météore ou météorite ?